MARGUERITE.--Mon seigneur, ranimez votre courage: nos ennemis sont à deux pas, et cette mollesse décourage vos partisans.--Vous avez promis la chevalerie à votre brave fils; tirez votre épée, et armez-le sur-le-champ.--Édouard, à genoux.
LE ROI.--Édouard Plantagenet, lève-toi chevalier, et retiens cette leçon: Tire ton épée pour la justice.
LE JEUNE PRINCE.--Mon gracieux père, avec votre royale permission, je la tirerai en héritier présomptif de la couronne, et l'emploierai dans cette querelle jusqu'à la mort.
CLIFFORD.--C'est parler en prince bien appris.
(Entre un messager.)
LE MESSAGER.--Augustes commandants, tenez-vous prêts; Warwick s'avance à la tête d'une armée de trente mille hommes, et il est accompagné du duc d'York, qu'il proclame roi dans toutes les villes qu'il traverse: on court en foule se joindre à lui. Rangez votre armée, car ils sont tout près.
CLIFFORD.--Je désirerais que Votre Altesse voulût bien quitter le champ de bataille; la reine est plus sûre de vaincre en votre absence.
MARGUERITE.--Oui, mon bon seigneur, laissez-nous à notre fortune.
LE ROI.--Quoi! votre fortune est aussi la mienne: je veux rester.
NORTHUMBERLAND.--Restez donc avec la résolution de combattre.