LE JEUNE PRINCE.--Mon royal père, animez donc ces nobles lords, et inspirez le courage à ceux qui combattent pour vous défendre; tirez votre épée, mon bon père, et criez: saint George!

(Entrent Édouard, Richard, George, Warwick, Norfolk, Montaigu et des soldats.)

ÉDOUARD.--Eh bien, parjure Henri, viens-tu demander la grâce à genoux, et placer ton diadème sur ma tête, ou courir les mortels hasards d'un combat?

MARGUERITE.--Va gourmander tes complaisants, insolent jeune homme: te convient-il de t'exprimer avec cette audace devant ton maître et ton roi légitime?

ÉDOUARD.--C'est moi qui suis son roi, et c'est à lui de fléchir le genou. Il m'a, de son libre consentement, adopté pour son héritier; mais depuis, il a violé son serment: car j'apprends que vous (qui êtes le véritable roi, quoique ce soit lui qui porte la couronne) vous lui avez fait, dans un nouvel acte du parlement, effacer mon nom, pour y substituer celui de son fils.

CLIFFORD.--Et c'est aussi la raison qui le lui a fait faire: qui doit succéder au père, si ce n'est le fils?

RICHARD.--Vous voilà, boucher?--Oh! je ne peux parler.

CLIFFORD.--Oui, bossu, je suis ici pour te répondre, à toi, et à tous les audacieux de ton espèce.

RICHARD.--C'est toi qui as tué le jeune Rutland. N'est-ce pas toi?

CLIFFORD.--Oui, et le vieux York aussi; et cependant je ne suis pas encore satisfait.