LE MESSAGER.--Oui, mon gracieux souverain: ils se sont tellement liés d'amitié, que le jeune prince Édouard épouse la fille de Warwick.

CLARENCE.--Probablement l'aînée: Clarence aura la plus jeune. Adieu, mon frère le roi, maintenant tenez-vous bien; car je vais de ce pas demander l'autre fille de Warwick, afin de n'avoir pas fait, quoique sans royaume, un plus mauvais mariage que vous.--Oui, qui aime Warwick et moi me suive.

(Clarence sort, et Somerset le suit.)

GLOCESTER, à part.--Ce n'est pas moi; mes pensées vont plus loin: je reste, moi, non pour l'amour d'Édouard, mais pour celui de la couronne.

LE ROI ÉDOUARD.--Clarence et Somerset partis tous deux pour aller joindre Warwick! N'importe: je suis armé contre le pis qui puisse arriver, et la célérité est nécessaire dans cette crise désespérée.--Pembroke et Stafford, allez lever pour nous des soldats, et faites tous les préparatifs pour la guerre. Ils sont déjà débarqués, ou ne tarderont pas à l'être: moi-même en personne je vous suivrai immédiatement. (Pembroke et Stafford sortent.) Mais avant que je parte, Hastings, et vous, Montaigu, levez un doute qui me reste. Vous deux, entre tous les autres, vous tenez de près à Warwick par le sang et par alliance. Dites-moi si vous aimez mieux Warwick que moi. Si cela est, allez tous deux le trouver. Je vous aime mieux pour ennemis que pour des amis perfides; mais si vous êtes résolus de me conserver votre fidèle obéissance, tranquillisez-moi par quelque serment d'amitié, afin que je ne puisse jamais vous avoir pour suspects.

MONTAIGU.--Que Dieu protége Montaigu, comme il est fidèle!

HASTINGS.--Et Hastings, comme il tient pour la cause d'Édouard!

LE ROI ÉDOUARD.--Et vous, Richard, mon frère, voulez-vous rester de notre parti?

GLOCESTER.--Oui, en dépit de tout ce qui voudra vous attaquer.

LE ROI ÉDOUARD.--A présent, je suis sûr de vaincre. Partons donc à l'instant, et ne perdons pas une heure, jusqu'à ce que nous ayons joint Warwick et son armée d'étrangers.