YORK.--Taisez-vous, mes enfants.

LE ROI.--Tais-toi toi-même, et laisse parler le roi Henri.

WARWICK.--Plantagenet parlera le premier.--Lords, écoutez-le, et demeurez attentifs et en silence; car quiconque l'interrompra, c'est fait de sa vie.

LE ROI.--Espères-tu que j'abandonnerai ainsi mon trône royal, où se sont assis mon aïeul et mon père? Non, auparavant la guerre dépeuplera ce royaume. Oui, et ces étendards si souvent déployés dans la France, et qui le sont aujourd'hui dans l'Angleterre, au grand chagrin de notre coeur, me serviront de drap funéraire.--Pourquoi faiblissez-vous, milords? Mon titre est bon, et beaucoup meilleur que le sien.

WARWICK.--Prouve-le, Henri, et tu seras roi.

LE ROI.--Mon aïeul Henri IV a conquis la couronne.

YORK.--Par une révolte contre son roi.

LE ROI.--Je ne sais que répondre: mon titre est défectueux. Répondez-moi, un roi ne peut-il se choisir un héritier?

YORK.--Que s'ensuit-il?

LE ROI.--S'il le peut, je suis roi légitime; car Richard, en présence d'un grand nombre de lords, résigna sa couronne à Henri IV, dont mon père fut l'héritier comme je suis le sien.