GLOCESTER.--Voyez comme le sombre Warwick garnit les remparts de soldats!

WARWICK.--O chagrin inattendu! quoi, le frivole Édouard est déjà arrivé! Qui donc a endormi nos espions, ou qui les a séduits, que nous n'ayons eu aucune nouvelle du lieu de son séjour?

LE ROI ÉDOUARD.--Maintenant, Warwick, si tu veux ouvrir les portes de la ville, prendre un langage soumis, fléchir humblement le genou, reconnaître Édouard pour roi, et implorer sa clémence, il te pardonnera tous tes outrages.

WARWICK.--Songe plutôt à retirer ton armée et à t'éloigner de ces murs.--Reconnais celui qui te donna la couronne, et qui te l'a reprise: appelle Warwick ton patron; repens-toi, et tu resteras encore duc d'York.

GLOCESTER, à Édouard.--Je croirais qu'au moins il aurait dit roi; cette plaisanterie lui serait-elle échappée contre sa volonté?

WARWICK.--Un duché n'est-il donc pas un beau présent?

GLOCESTER.--Oui, par ma foi, c'est un beau présent à faire pour un pauvre comte: je me tiens ton obligé pour un si beau don.

WARWICK.--Ce fut moi qui fis don du royaume à ton frère.

LE ROI ÉDOUARD.--Eh bien, il est donc à moi, ne fût-ce que par le don que m'en a fait Warwick.

WARWICK.--Tu n'es pas l'Atlas qui convient à un pareil fardeau; et voyant ta faiblesse, Warwick te reprend ses dons. Henri est mon roi, et Warwick est son sujet.