LE ROI ÉDOUARD.--Mais le roi de Warwick est le prisonnier d'Édouard. Réponds à ceci, brave Warwick: que devient le corps quand la tête est ôtée?
GLOCESTER.--Hélas! comment Warwick a-t-il eu si peu d'habileté que, tandis qu'il s'imaginait prendre un dix seul, le roi ait été subitement escamoté du jeu?--Vous avez laissé le pauvre Henri dans le palais de l'évêque; et dix contre un à parier que vous vous retrouverez avec lui dans la Tour.
LE ROI ÉDOUARD.--C'est la vérité: et cependant vous êtes toujours Warwick.
GLOCESTER.--Allons, Warwick, profite du moment: à genoux, à genoux.--Qu'attends-tu? frappe le fer pendant qu'il est chaud.
WARWICK.--J'aimerais mieux me couper d'un seul coup cette main, et, de l'autre, te la jeter au visage, que de me croire assez bas pour être obligé de baisser pavillon devant toi.
LE ROI ÉDOUARD.--Fais force de voiles, aie les vents et la marée favorables. Cette main, bientôt entortillée dans tes cheveux noirs comme le charbon, saisira le moment où ta tête sera encore chaude et nouvellement coupée, pour écrire avec ton sang sur la poussière ces mots: Warwick, inconstant comme le vent, maintenant ne peut plus changer.
(Entre Oxford avec des tambours et des drapeaux.)
WARWICK.--O couleurs dont la vue me réjouit! Voyez, c'est Oxford qui s'avance!
OXFORD.--Oxford! Oxford! Pour Lancastre!
GLOCESTER.--Les portes sont ouvertes: entrons avec eux.