DROMIO.—Je ne veux pas dire qu'il soit déshonoré; mais, certes, il est tout à fait lunatique[7].—Quand je l'ai pressé de venir dîner, il m'a redemandé mille marcs d'or.—Il est temps de dîner, lui ai-je dit.—Mon or, a-t-il répondu.—Vos viandes brûlent, ai-je dit.—Mon or, a-t-il dit.—Allez-vous venir? ai-je dit.—Mon or, a-t-il dit, où sont les mille marcs que je t'ai donnés, scélérat?—Le cochon de lait, ai-je dit, est tout brûlé.—Mon or, dit-il.—Ma maîtresse, monsieur, ai-je dit.—Qu'elle aille se pendre ta maîtresse! je ne connais point ta maîtresse! au diable ta maîtresse!
Niote 7:[ (retour) ]
Nous avons traduit horn mad par: être de l'ordre du croissant, pour donner le sens de ce jeu de mots dont voici le texte:
DROM. My master is horn mad, ADR. Horn mad, thou villain! DROM. I mean not cuckhold mad, but sure he is stark mad.
LUCIANA.—Qui a dit cela?
DROMIO.—C'est mon maître qui l'a dit. Je ne connais, dit-il, ni maison, ni femme, ni maîtresse.—En sorte que, grâce à lui, je vous rapporte sur mes épaules le message dont ma langue devait naturellement être chargée; car, pour conclure, il m'a battu sur la place.
ADRIANA.—Retourne vers lui, misérable, et ramène-le au logis.
DROMIO.—Oui, retourne vers lui, pour te faire renvoyer encore au logis avec des coups! Au nom de Dieu! envoyez-y quelque autre messager.
ADRIANA.—Retourne, esclave, ou je vais te fendre la tête en quatre[8].
Niote 8:[ (retour) ]
I will break thy pate a cross,
DROM. And he will bless that cross with other beating.
DROMIO.—Et lui bénira cette croix avec d'autres coups; entre vous deux j'aurai une tête bien sainte.
ADRIANA.—Va-t'en, rustre babillard; ramène ton maître à la maison.