DROMIO.—-Non; je suis un singe.

LUCIANA.—Si tu es changé en quelque chose, c'est en âne.

DROMIO.—Cela est vrai: elle me mène par le licou, et j'aspire à paître le gazon.—C'est vrai, je suis un âne; autrement pourrait-il se faire que je ne la connusse pas aussi bien qu'elle me connaît?

ADRIANA.—Allons, allons, je ne veux plus être si folle que de me mettre le doigt dans l'oeil et de pleurer, tandis que le valet et le maître se moquent de mes maux en riant.—Allons, monsieur, venez dîner: Dromio, songe à garder la porte.—Mon mari, je dînerai en haut avec vous aujourd'hui, et je vous forcerai à faire la confession de tous vos tours.—Toi, drôle, si quelqu'un vient demander ton maître, dis qu'il dîne dehors, et ne laisse entrer âme qui vive.—Venez, ma soeur.—Dromio, fais bien ton devoir de portier.

ANTIPHOLUS.—Suis-je sur la terre, ou dans le ciel, ou dans l'enfer? Suis-je endormi ou éveillé? fou ou dans mon bon sens? Connu de celles-ci, et déguisé pour moi-même, je dirai comme elles, je le soutiendrai avec persévérance, et me laisserai aller à l'aventure dans ce brouillard.

DROMIO.—Mon maître, ferai-je le portier à la porte?

ANTIPHOLUS.—Oui, ne laisse entrer personne, si tu ne veux que je te casse la tête.

LUCIANA.—Allons, venez, Antipholus. Nous dînons trop tard.

(Ils sortent.)

FIN DU DEUXIÈME ACTE.