BALTASAR.—En discutant ce qui valait le mieux nous n'aurons ni l'un ni l'autre.

DROMIO d'Éphèse, à Antipholus.—Ces messieurs sont à la porte, mon maître; dites-leur donc d'entrer.

ANTIPHOLUS.—Il y a quelque chose dans le vent qui nous empêchera d'entrer.

DROMIO d'Éphèse.—C'est ce que vous diriez, monsieur, si vos habits étaient légers. Votre cuisine est chaude là dedans; et vous restez ici exposé au froid. Il y aurait de quoi rendre un homme furieux comme un cerf en rut, d'être ainsi vendu et acheté.

ANTIPHOLUS.—Va me chercher quelque chose, je briserai la porte.

DROMIO de Syracuse.—Brisez quelque chose ici, et moi je vous briserai votre tête de fripon.

DROMIO d'Éphèse.—Un homme, peut briser une parole avec vous, monsieur, une parole n'est que du vent, et il peut vous la briser en face; pourvu qu'il ne la brise pas par derrière.

DROMIO de Syracuse.—Il parait que tu as besoin de briser; allons, va-t'en d'ici, rustre.

DROMIO de Éphèse.—C'en est trop, va-t'en plutôt! Je t'en prie, laisse-moi entrer...

DROMIO de Syracuse.—Oui, quand les oiseaux n'auront plus de plumes, et les poissons plus de nageoires.