BAPTISTA, VINCENTIO, GREMIO, LE PÉDANT, LUCENTIO,
BIANCA, BIONDELLO, PETRUCHIO, CATHERINE, HORTENSIO et sa VEUVE, TRANIO,
BIONDELLO, GRUMIO et autres domestiques qui servent.

LUCENTIO.--A la fin, après tant de dissonances, nous voilà tous d'accord; et il est temps, après que les fureurs de la guerre sont assoupies, de sourire aux périls et aux dangers auxquels nous avons échappé. Ma belle Bianca, faites bon accueil à mon père, tandis que je vais exprimer la même tendresse au vôtre.--Mon frère Petruchio,--ma soeur Catherine, et vous, Hortensio, avec votre aimable veuve, réjouissez-vous de votre mieux, et soyez les bienvenus dans ma maison. Ce banquet doit restaurer nos estomacs, après que nous aurons fait bonne chère.--Je vous prie, mettez-vous à table, car maintenant nous pouvons nous asseoir, et jaser autant que manger.

PETRUCHIO.--A table! à table! manger et manger voilà tout.

BAPTISTA.--C'est Padoue qui nous procure cette joie, mon fils Petruchio.

PETRUCHIO.--Padoue ne procure que du bien.

HORTENSIO.--Par amour pour nous deux, je voudrais que ce que vous dites fût entièrement vrai.

PETRUCHIO.--Je crois, sur ma vie, qu'Hortensio a des inquiétudes sur sa veuve.

LA VEUVE.--Ne vous fiez donc jamais à moi, si j'inspire la crainte.

PETRUCHIO.--Vous êtes fort sensée, et cependant vous vous méprenez sur le sens de mon idée. Je dis qu'Hortensio vous craint.

LA VEUVE.--L'homme qui a des vertiges s'imagine que le monde tourne autour de lui.