PETRUCHIO.--Paix, maraud.

HORTENSIO.--Grumio, motus!--Dieu vous garde, seigneur Gremio.

GREMIO.--Ah! charmé de vous rencontrer, seigneur Hortensio. Savez-vous où je vais de ce pas?--Chez Baptista Minola! Je lui ai promis de lui chercher avec soin un maître pour la belle Bianca, et le hasard a voulu que je tombasse sur ce jeune homme; par sa science et ses manières, il est ce qui convient à Bianca, très-instruit dans la poésie, et autres livres; et des bons, je vous le garantis.

HORTENSIO.--C'est à merveille; et moi j'ai rencontré un honnête homme qui m'a promis de m'en procurer un autre, un charmant musicien, pour instruire notre maîtresse: ainsi je ne demeurerai pas en arrière dans ce que je dois à la belle Bianca, qui m'est si chère, à moi.

GREMIO.--Oui, qui m'est si chère:--Et cela, ma conduite le prouvera.

GRUMIO, à part.--Et cela, ses sacs le prouveront.

HORTENSIO.--Gremio, ce n'est pas ici le moment d'éventer notre amour. Écoutez-moi; et si vous êtes honnête avec moi, je vous dirai des nouvelles assez bonnes pour tous deux. Voici un honnête homme que le hasard m'a fait rencontrer, qui, favorisé par nous dans ses goûts, entreprendra de courtiser la méchante Catherine. Oui, et même de l'épouser si sa dot lui convient.

GREMIO.--Soit dit et fait; c'est à merveille.--Hortensio, lui avez-vous révélé tous ses défauts?

PETRUCHIO.--Je sais que c'est une méchante femme qui crie et tempête sans cesse; si c'est là tout, messieurs, je ne vois point de mal à cela.

GREMIO.--Non, dites-vous, ami?--De quel pays est ce cavalier?