Note 39: On ne voit plus dans la boutique des barbiers de ces petits vases qui, pour donner passage à la fumée, étaient percés de beaucoup de trous.
HORTENSIO, à part.--Elle a bien l'air, je crois, de n'avoir ni chapeau, ni robe.
LE TAILLEUR.--Vous m'avez recommandé de la faire comme il faut, suivant la mode et le goût.
PETRUCHIO.--Oui, je vous l'ai recommandé. Mais, si vous avez de la mémoire, je ne vous ai pas dit de la gâter par mode. Allez, sautez-moi vite les ruisseaux jusque chez vous, car vous n'aurez point ma pratique. Je ne veux point de cela, l'ami. Allez, faites-en votre profit.
CATHERINE.--Je n'ai jamais vu de robe mieux faite, plus décente, plus charmante et plus noble. Vous voulez peut-être faire de moi une poupée.
PETRUCHIO.--Oui, c'est bien dit: cet homme veut faire de toi une poupée.
LE TAILLEUR.--Madame dit que c'est vous, monseigneur, qui voulez faire une poupée d'elle.
PETRUCHIO.--O excès d'insolence! Tu mens, fil, dé à coudre, aune, trois quarts, demi-aune, quart, clou, puce, lente, grillon d'hiver. Je me verrai bravé chez moi par un écheveau de fil! Sors d'ici, lambeau, rognure, ou je vais si bien te mesurer avec ton aune, que tu te souviendras de ton impertinent babil tout le reste de ta vie! Je te dis, encore une fois, moi, que tu as gâté sa robe.
LE TAILLEUR.--Monseigneur est dans l'erreur. La robe est faite précisément comme mon maître l'a commandé; Grumio a expliqué comment elle devait être faite.
GRUMIO.--Je n'ai point donné d'ordres, moi; je n'ai fait que lui remettre l'étoffe.