GREMIO.--Je m'étonne bien que Cambio ne vienne pas pendant tout ce temps.

(Entrent Petruchio, Catherine, Vincentio et suite.)

PETRUCHIO.--Monsieur, voici la porte: c'est ici la maison de Lucentio. Mon père demeure plus avant, vers la place du marché: il faut que je m'y rende, et je vous quitte ici, monsieur.

VINCENTIO.--Vous ne pouvez pas faire autrement que de boire un coup ici avant de nous quitter; j'espère que vous serez bien reçu sous mes auspices, et suivant toute apparence il y a festin ici.

(Il frappe à la porte.)

GREMIO.--On est fort occupé en dedans: vous feriez bien de frapper plus fort.

LE PÉDANT, mettant la tête à la fenêtre.--Qui frappe comme s'il voulait abattre la porte?

VINCENTIO.--Monsieur, le signor Lucentio est-il là?

LE PÉDANT.--Oui, il y est, mais on ne peut pas lui parler.

VINCENTIO.--Comment, si un homme lui apportait deux ou trois cents guinées pour ses menus plaisirs?...