LE PÉDANT.--Gardez vos guinées pour vous; il n'en aura jamais besoin tant que je vivrai.

PETRUCHIO.--Oui, je vous ai bien dit que votre fils était chéri à Padoue.--(Au pédant.) Entendez-vous, monsieur? Pour abréger les discours, je vous prie de dire au signor Lucentio que son père arrive de Pise, et qu'il attend ici à la porte pour lui parler.

LE PÉDANT.--Vous mentez: son père est arrivé de Pise, et c'est lui qui vous parle à cette fenêtre.

VINCENTIO.--Est-ce vous qui êtes son père?

LE PÉDANT.--Oui, l'ami, du moins sa mère l'assure, si je peuxapporter à elle.

PETRUCHIO, à Vincentio.--Hé! mon beau monsieur, c'est une basse coquinerie d'usurper ainsi le nom d'un autre.

LE PÉDANT.--Saisissez-vous de ce coquin. Je le soupçonne de vouloir duper ici quelque honnête citoyen de cette ville en empruntant mon nom.

(Biondello revient.)

BIONDELLO.--Je les ai vus tous les deux à l'église: Dieu veuille les conduire à bon port!--(Apercevant Vincentio.) Mais que vois-je ici? mon vieux maître Vincentio!--Oh! nous voilà perdus, anéantis!

VINCENTIO, reconnaissant Biondello.--Viens ici, gibier de potence.