(Ils se retirent à l'écart.)
(Entre le pédant, suivi de laquais; Baptista et Tranio paraissent en bas à la porte.)
TRANIO.--Qui êtes-vous donc, monsieur, vous qui menacez de battre mes gens?
VINCENTIO.--Qui je suis? Mais qui êtes-vous vous-même, monsieur?--O dieux immortels! ô scélérat en parure! un habit de soie! des bas de velours! un manteau d'écarlate! et un chapeau à couronne[43].--Oh! je suis ruiné, je suis perdu! Tandis que je ménage en bon père de famille à la maison, mon fils et mon valet dépensent tout à l'université!
TRANIO.--Eh bien! de quoi s'agit-il?
BAPTISTA.--Est-ce que cet homme est fou?
TRANIO.--Monsieur, vous me paraissez, à votre extérieur, un homme vénérable et de bon sens; mais à vos discours, vous êtes un insensé.--Eh bien! monsieur, que vous importe si je porte des perles et de l'or? J'en ai l'obligation à mon bon père, si je suis dans le cas de faire cette figure.
VINCENTIO.--Ton père? Ah! scélérat, ton père est un tisserand en voiles à Bergame.
BAPTISTA.--Vous vous trompez, monsieur; vous vous trompez. Je vous prie, quel nom croyez-vous qu'il porte?