Un camp dans le pays de Galles.

Entrent SALISBURY et UN CAPITAINE.

Note 17:[ (retour) ] Johnson suppose que cette scène a été, par erreur de copiste, déplacée de son lieu naturel, et qu'elle devait, dans l'intention de Shakspeare, former la seconde scène du troisième acte, le second se terminant ainsi à la sortie de Bolingbroke pour aller à Bristol. Il a dû être déterminé dans son opinion par le lieu de cette scène, placée, comme troisième scène du troisième acte, dans le pays de Galles; en sorte qu'en conservant l'ancienne disposition, il faut passer deux fois et rapidement d'Angleterre dans le pays de Galles, et du pays de Galles en Angleterre. Mais c'est une considération à laquelle, en général, Shakspeare paraît attacher peu d'importance, et qui en a peu en effet dans le système qu'il a adopté; au lieu que, pour l'intérêt et la progression de la marche dramatique, l'une des parties qu'il a le plus soignées, cette scène de la désertion des Gallois doit nécessairement faire suite à la soumission du duc d'York, et terminer le second acte qui finit ainsi avec la puissance de Richard et l'anéantissement complet des forces sur lesquelles il avait compté. L'exécution de Green et de Bushy au commencement du troisième acte est le premier exercice de la puissance de Bolingbroke, destinée à aller dès ce moment toujours en croissant jusqu'à la fin de la pièce, mais qui s'annonce déjà tout entière dans cet acte de souveraineté. Elle perdrait ce caractère si la partie était encore incertaine, si l'on pouvait supposer qu'il reste encore à Richard les moyens de venger ses amis.

LE CAPITAINE.--Lord Salisbury, nous avons attendu dix jours, et nous avons eu bien de la peine à tenir nos compatriotes rassemblés; et cependant nous ne recevons aucune nouvelle du roi: en conséquence, nous allons nous disperser; adieu.

SALISBURY.--Attends encore un jour, fidèle Gallois, le roi met toute sa confiance en toi.

LE CAPITAINE.--On croit le roi mort. Nous ne resterons pas davantage: les lauriers dans nos campagnes se sont tous flétris; des météores viennent effrayer les étoiles fixes du firmament; la pâle lune jette sur la terre une lueur sanglante, et des prophètes au visage hâve annoncent tout bas, d'effrayants changements: les riches ont l'air triste, et les coquins dansent et sautent de joie, les uns dans la crainte de perdre ce qu'ils possèdent, les autres dans les espérances que leur offre la violence et la guerre. Ces signes présagent la mort ou la chute des rois.--Adieu: nos compatriotes sont partis et déjà loin, bien persuadés que leur roi Richard est mort.

(Il sort.)

SALISBURY.--Ah! Richard, c'est avec une douleur profonde que je vois ta gloire, comme une étoile filante, s'abîmer du firmament sur la misérable terre. Ton soleil descend en pleurant vers l'humble couchant, annonçant les orages, les maux et les troubles à venir. Tes amis ont fui et se sont joints à tes ennemis; et le cours de tous les événements te devient contraire.

(Il sort.)

FIN DU SECOND ACTE.