(Entre Glocester.)
L'ÉVÊQUE D'ÉLY.--Voici le duc lui-même, qui vient fort à propos.
GLOCESTER--Mes nobles lords et cousins, je vous souhaite à tous le bonjour. J'ai dormi tard; mais je me flatte que mon absence n'a pas empêché qu'on s'occupât d'aucun des objets importants qui devaient se régler en ma présence.
BUCKINGHAM.--Si vous n'aviez pas fait votre entrée à point nommé, milord, voilà lord Hastings qui allait se charger de votre rôle; je veux dire qu'il aurait donné votre voix pour le couronnement du roi.
GLOCESTER.--Personne ne pouvait le faire avec plus de confiance que milord Hastings. Il me connaît bien; il m'est tendrement attaché.--Milord d'Ély, la dernière fois que je me trouvai à Holborn, je vis des fraises dans votre jardin [17]. Je vous prie, envoyez-m'en quelques-unes.
Note 17:[ (retour) ] La demande des fraises est historique, et donnée comme un échantillon de la bonne humeur qu'affecta ce jour-là Richard au commencement du conseil. Probablement Shakspeare en a profité pour faire sortir l'évêque d'Ély, afin qu'il ne s'établît pas de discussion entre ce prélat, qui a demandé que le couronnement d'Édouard V eût lieu le lendemain, et Stanley à qui un instant de prudence fait exprimer le désir qu'il soit retardé. C'est ce que n'ont point aperçu les commentateurs.
L'ÉVÊQUE D'ÉLY.--Oui-dà, milord, et de tout mon coeur.
(L'évêque d'Ély sort.)
GLOCESTER.--Cousin Buckingham, un mot. (Il le prend à part:)--Catesby a sondé Hastings sur notre projet, et il a trouvé cet entêté-là si violent qu'il perdra, dit-il, sa tête avant de consentir à ce que le fils de son maître, comme il l'appelle respectueusement, perde la souveraineté du trône d'Angleterre.
BUCKINGHAM.--Sortez un moment, je vous accompagnerai.