(Quelques officiers rentrent avec Dion et Cléomène.)

UN OFFICIER.—Cléomène, et vous, Dion, vous allez jurer, sur l'épée de la justice, que vous avez été tous deux à Delphes; que vous en avez rapporté cet oracle, scellé et à vous remis par la main du grand-prêtre d'Apollon; et que, depuis ce moment, vous n'avez pas eu l'audace de briser le sceau sacré, ni de lire les secrets qu'il couvre.

CLÉOMÈNE ET DION.—Nous jurons tout cela.

LÉONTES.—Brisez le sceau et lisez.

L'OFFICIER rompt le sceau et lit.—«Hermione est chaste, Polixène est sans reproche, Camillo est un sujet fidèle, Léontes un tyran jaloux, son innocente enfant un fruit légitime; et le roi vivra sans héritier, si ce qui est perdu ne se retrouve pas.»

TOUS LES SEIGNEURS s'écrient.—Loué soit le grand Apollon!

HERMIONE.—Qu'il soit loué!

LÉONTES, à l'officier.—As-tu lu la vérité?

L'OFFICIER.—Oui, seigneur, telle qu'elle est ici couchée par écrit.

LÉONTES.—Il n'y a pas un mot de vérité dans tout cet oracle: le procès continuera; tout cela est pure fausseté.