LE FILS DU BERGER.—N'aie pas peur, ami, tu ne perdras rien ici.

AUTOLYCUS.—Je l'espère bien, monsieur, car j'ai avec moi bien des paquets importants.

LE FILS DU BERGER.—Qu'as-tu là? des chansons?

MOPSA.—Oh! je t'en prie, achètes-en quelques-unes. J'aime une chanson imprimée à la fureur, car celles-là, nous savons qu'elles sont véritables.

AUTOLYCUS.—Tenez, en voilà une sur un air fort lamentable: comment la femme d'un usurier accoucha tout d'un coup de vingt sacs d'argent, et comment elle avait envie de manger des têtes de serpents et des crapauds grillés.

MOPSA.—Cela est-il vrai? le croyez-vous?

AUTOLYCUS.—Très-vrai, il n'y a pas un mois de cela.

DORCAS.—Les dieux me préservent d'épouser un usurier!

AUTOLYCUS.—Voilà le nom de la sage-femme au bas, une madame Porteconte; et il y avait cinq ou six honnêtes femmes qui étaient présentes. Pourquoi irais-je débiter des mensonges?

MOPSA, au jeune berger.—Oh! je t'en prie, achète-la.