SIR TOBIE.—Fi! n'avez-vous pas honte de dire cela? Il joue de la viole de Gambo[8], il parle trois ou quatre langues, mot à mot, sans livre, et il possède les meilleurs dons de nature.
Note 8:[ (retour) ] Instrument qu'on tenait entre les jambes.
MARIE.—Oh! oui, certes, il les possède au naturel; car, outre que c'est un sot, c'est un grand querelleur; et si ce n'est qu'il a le don d'un lâche pour apaiser la fougue qui l'emporte dans une querelle, c'est l'opinion des gens sensés qu'on lui ferait bientôt le don d'un tombeau.
SIR TOBIE.—Par cette main, ce sont des bélîtres, des détracteurs, que ceux qui tiennent de lui ces propos.—Qui sont-ils?
MARIE.—Ce sont des gens qui ajoutent encore qu'il est ivre toutes les nuits en votre compagnie.
SIR TOBIE.—A force de porter des santés à ma nièce: je boirai à sa santé aussi longtemps qu'il y aura un passage dans mon gosier, et du vin en Illyrie. C'est un lâche et un poltron[9] que celui qui ne veut pas boire à ma nièce, jusqu'à ce que la cervelle lui tourne comme un sabot de village. Allons, fille, castiliano vulgo[10]: voici sir André Ague-face.
Note 9:[ (retour) ] Coystril, un coq peureux.
Note 10:[ (retour) ] Castiliano vulgo, à l'espagnole.
(Entre sir André Ague-cheek.)
SIR ANDRÉ.—Ah! sir Tobie Belch! Comment vous va, sir Tobie Belch?