Interdisez l'approche de cette assemblée à tous les oiseaux aux ailes de proie, à l'exception de l'aigle, le roi emplumé; réglez strictement les obsèques.

Que le cygne, lui qui prévoit la mort, soit le prêtre en surplis blanc qui chante la musique des morts, de peur que le Requiem ne manque de solennité.

Et toi, vieille corneille qui engendres ta race d'ébène avec le souffle que tu donnes et reprends, tu feras partie de nos pleureurs.

C'est ici que commence l'antienne: l'amour et la constance sont morts, le phénix et la tourterelle ont disparu dans la même flamme.

Ils s'aimaient tant qu'en eux l'essence de l'amour n'était qu'une; ils étaient deux et distincts, mais la division était nulle, le nombre périssait devant l'amour.

Les coeurs étaient éloignés mais non séparés; on ne voyait ni distance ni espace entre la tourterelle et son roi, mais chez eux c'était une merveille.

L'amour brillait à ce point entre eux que la tourterelle voyait briller ses droits dans les yeux du phénix: chacun des deux était le trésor de l'autre.

La propriété était ainsi troublée de ce que l'individualité n'était pas la même; le double nom d'une nature unique n'était ni un ni deux.

La raison confondue en elle-même voyait des êtres divisés exister ensemble, ne se connaissant plus séparément, tant leurs natures étaient confondues.

Et elle criait: Comme cet être unique semble véritablement en former deux! L'amour a raison, la raison n'en a point; ce qui est séparé peut ainsi rester uni.