LE BATARD.--Il l'abandonnera bien mieux encore lorsqu'il nous verra bien ralliés pour la défense.

SALISBURY.--Mais tout est en quelque sorte fini: il a déjà fait transporter sur les côtes quantité de bagages et remis sa cause et ses prétentions entre les mains du cardinal, avec qui, si vous le jugez à propos, vous et moi et les autres seigneurs, nous partirons en diligence cette après-dînée, pour achever de terminer heureusement cette affaire.

LE BATARD.--Soit.--Et vous, mon noble prince, avec ceux des grands dont on peut le mieux se passer, vous resterez pour les obsèques de votre père.

HENRI.--C'est à Worcester que son corps doit être enterré, car c'est ainsi qu'il l'a ordonné.

LE BATARD.--Il faut donc l'y conduire.--Et vous, cher prince, puissiez-vous revêtir avec bonheur le sceptre héréditaire et glorieux de ce royaume! C'est avec une soumission entière que je vous transmets à genoux mes fidèles services, et ma soumission éternellement inviolable.

SALISBURY.--Et nous vous offrons de même notre affection, qui demeurera désormais sans tache.

HENRI.--J'ai une âme sensible qui voudrait vous remercier, et ne sait le faire que par des larmes.

LE BATARD.--Oh! ne donnons à la circonstance que les douleurs nécessaires; nous sommes en avance de chagrin avec le passé.--Cette Angleterre n'est jamais tombée et ne tombera jamais aux pieds orgueilleux d'un vainqueur, qu'elle ne l'ait d'abord aidé elle-même à la blesser. Maintenant que ses chefs sont revenus à elle, que les trois parties du monde viennent armées contre nous, et nous leur tiendrons tête! Rien ne peut nous accabler si l'Angleterre reste fidèle à elle-même.

(Ils sortent.)

FIN DU CINQUIÈME ET DERNIER ACTE.