SECOND DOMESTIQUE.—Si elle vit longtemps et à la fin trouve une mort naturelle, toutes les femmes vont devenir des monstres.

PREMIER DOMESTIQUE.—Suivons le vieux comte, et chargeons le mendiant de Bedlam de le conduire où il voudra: la folie de ce drôle-là se prête à tout.

SECOND DOMESTIQUE.—Va, toi: je vais chercher un peu de filasse et de blanc d'oeuf pour mettre sur son visage tout ensanglanté; et puis, que le ciel ait pitié de lui.

(Ils sortent chacun de leur côté.)

FIN DU TROISIÈME ACTE.

ACTE QUATRIÈME

SCÈNE I

Une vaste campagne.

EDGAR, seul.

EDGAR.—Encore vaut-il mieux être comme je suis, et me savoir méprisé, que d'être à la fois méprisé et flatté. Quand on a vu le pire, au degré le plus abject, le plus abandonné de la fortune, la vie est toute d'espérance, exempte de crainte: un changement lamentable, c'est celui qui nous fait descendre du mieux; une fois au pis, nous retournons vers le rire. Sois donc le bienvenu, air insaisissable; je me livre à toi: le misérable que ton souffle a jeté au plus bas ne doit plus rien à tes coups.—Mais qui vient ici? (Entre Glocester conduit par un vieillard.)—C'est mon père, bien misérablement accompagné. O monde, monde, monde! si tes étranges vicissitudes ne nous forçaient pas de te haïr, la vie ne voudrait pas céder au cours des ans.