(Entre un gentilhomme avec des valets.)
LE GENTILHOMME.—Oh! le voilà! Mettez la main sur lui.—Seigneur, votre chère fille....
LEAR.—Quoi, point de secours? Comment! moi prisonnier? je suis donc né pour être toujours le jouet de la fortune!—Traitez-moi bien, je vous payerai une rançon. Qu'on me donne des chirurgiens; j'ai la cervelle blessée.
LE GENTILHOMME.—Vous aurez tout ce qu'il vous plaira.
LEAR.—Quoi! personne qui me seconde? On me laisse à moi seul? Eh quoi! cela rendrait un homme, un homme de sel, capable de faire de ses yeux des arrosoirs, et d'en abattre la poussière d'automne.
LE GENTILHOMME.—Mon bon seigneur...
LEAR.—Je mourrai bravement comme un époux à la noce. Allons!—Je serai jovial; venez, venez: je suis un roi, savez-vous cela, mes maîtres?
GLOCESTER.—Vous êtes une personne royale, et nous sommes tous à vos ordres.
LEAR.—Alors il y a encore quelque chose à faire. Mais si vous l'attrapez, ce ne sera qu'à la course. Zest, zest.
(Il sort en courant.—Les valets le poursuivent.)