Note 21: [(retour) ]

Compliment à Élisabeth; ce sont les vers que dans le roman de Kenilworth la reine se fait répéter par W. Raleigh.

Note 22: [(retour) ]

On l'appelle aussi Love in idleness, l'amour oisif, ou l'oeil du coeur, herbe de la trinité. C'est la Viola tricolor de Linnée, syngénésie monogame.

PUCK.—J'entourerai d'une ceinture le globe de la terre en quarante minutes. (Il sort.)

OBERON.—Lorsqu'une fois j'aurai le suc de cette plante, j'épierai l'instant où Titania sera endormie, et j'en laisserai tomber une goutte sur ses yeux. Le premier objet qu'ils verront à son réveil, fût-ce un lion, un ours, un loup, un taureau, une guenon curieuse ou un singe affairé, elle le poursuivra avec un coeur plein d'amour; et avant que j'ôte ce charme de sa vue, ce que je peux faire avec une autre plante, je l'obligerai à me céder son page. Mais qui vient en ces lieux? Je suis invisible[23],

et je veux entendre leur entretien.

Note 23: [(retour) ]

On remarquera peut-être que Puck et Oberon parlent souvent sur la scène sans qu'on ait fait mention de leur entrée. Invisibles ou visibles à leur gré, ils semblent s'affranchir eux-mêmes des lois de la scène.

SCÈNE III

OBERON invisible; DÉMÉTRIUS, et HÉLÈNE qui le suit. TITANIA arrive avec sa cour.

DÉMÉTRIUS.—Je ne vous aime point; ainsi, cessez de me poursuivre. Où est Lysandre, et la belle Hermia? Je tuerai l'un; l'autre me tue. Vous m'avez dit qu'ils s'étaient sauvés dans le bois; m'y voilà, dans le bois, et je suis furieux de n'y pouvoir trouver Hermia. Laissez-moi; éloignez-vous, et ne me suivez plus.

HÉLÈNE.—Vous m'attirez à vous, coeur dur comme le diamant, mais ce n'est point un coeur de fer que vous attirez, car le mien est fidèle comme l'acier: perdez la force d'attirer, je n'aurai plus celle de vous suivre.