BOTTOM.—Rien, monsieur, rien de plus que d'aider au cavalier Fleur-des-Pois à me gratter la tête: il faudra que j'aille trouver le barbier, monsieur; car il me semble que j'ai furieusement de poil à la figure; et je suis un âne si délicat que, pour peu que mon poil me démange, il faut que je me gratte.

TITANIA.—Mon doux ami, voulez-vous entendre un peu de musique?

BOTTOM.—J'ai une assez bonne oreille en musique. Allons, faites venir les pincettes et la clef.

TITANIA.—Ou dites, cher amour, ce qui vous ferait plaisir à manger.

BOTTOM.—À dire vrai, un picotin d'avoine: je pourrais mâcher votre bonne avoine sèche; il me semble que j'aurais grande envie d'une botte de foin; du bon foin, du foin parfumé, il n'y a rien d'égal à cela.

TITANIA.—J'ai une fée déterminée qui ira fouiller dans le magasin de l'écureuil, et qui vous apportera des noix nouvelles.

BOTTOM.—Je préférerais une poignée ou deux de pois secs; mais, je vous prie, que personne de vos gens ne me dérange; je sens une certaine exposition au sommeil qui me vient.

TITANIA.—Dors, et je vais t'enlacer dans mes bras.—Fées, partez, et dispersez-vous dans toutes les directions. Ainsi le chèvre-feuille parfumé s'entrelace amoureusement: ainsi le lierre femelle entoure de ses anneaux les bras d'écorce de l'ormeau[32]. Oh! comme je t'aime! oh! comme je t'adore! (Ils dorment.)

Note 32: [(retour) ]

Ulmo conjuncta marito.

(Oberon s'avance. Puck revient.)