LUCETTE.—Le feu le mieux renfermé est celui qui brûle le plus.

JULIE.—Ils n'aiment pas, ceux qui ne montrent point leur amour.

LUCETTE.—Oh! ils aiment bien moins encore, ceux qui font connaître leur amour à tout le monde.

JULIE.—Je voudrais savoir ce qu'il pense.

LUCETTE.—Lisez cette lettre, madame.

JULIE, à Lucette.—Dis-moi de quelle part?

LUCETTE.—Vous le verrez en la lisant.

JULIE.—Dis-moi, dis qui te l'a donnée.

LUCETTE.—Le page du seigneur Valentin, qui, à ce que je pense, était envoyé par Protéo. Il voulait vous la remettre à vous-même; mais, comme il m'a trouvée par les chemins, je l'ai reçue en votre nom: pardonnez-moi ma faute, madame.

JULIE.—Vraiment, sur mon honneur, vous êtes une excellente négociatrice! Comment osez-vous vous prêter à recevoir des lettres amoureuses et à conspirer contre ma jeunesse? Croyez-moi, vous choisissez là un bel emploi, et qui vous convient à merveille! Tenez, reprenez ce papier; songez à le rendre, ou ne reparaissez jamais devant moi.