Note 19: [(retour) ]

Les fils de bonne maison voyageaient fréquemment du temps> de Shakspeare, qui regardait les voyages comme propres à former le caractère et les idées.

ANTONIO.—Tu n'as pas grand besoin de m'importuner pour cela; il y a plus d'un mois que j'y rêve. J'ai bien remarqué la perte de son temps, et comment, sans l'étude et la connaissance du monde, il ne peut jamais devenir un homme parfait. L'expérience s'acquiert par l'application et se perfectionne pas le cours rapide du temps. Dis-moi donc où il serait le plus à propos de l'envoyer.

PANTHINO.—Je pense que Votre Seigneurie n'ignore pas que son ami, le jeune Valentin, est attaché à la cour royale de l'empereur[20].

Note 20: [(retour) ]

Les empereurs tenaient quelquefois leur cour à Milan; mais, à peine le poëte nous y aura-t-il conduits qu'il nous introduira, on ne sait par quel caprice, à la cour du duc.

ANTONIO.—Je le sais.

PANTHINO.—Il serait bon, ce me semble, d'y envoyer aussi votre fils; là il pourra s'exercer dans les joutes et les tournois, entendre un beau langage, converser avec des hommes d'un sang illustre, et se former à tous les exercices dignes de sa jeunesse et de la noblesse de sa naissance.

ANTONIO.—J'aime tes avis, tu m'as très-bien conseillé; et, pour montrer combien j'approuve ton projet, je veux que sur-le-champ il soit exécuté, et que mon fils parte le plus tôt possible pour la cour de l'empereur.

PANTHINO.—Demain, si cela vous convient, il peut accompagner Alphonse et quelques autres gentilshommes de bonne réputation, qui vont saluer l'empereur et lui offrir leurs services.

ANTONIO.—Bonne compagnie; demain Protéo partira avec eux; et, puisque le voici fort à propos, je vais lui déclarer net ma résolution.

(Entre Protéo.)