de Valentin.

LUCETTE, suivante de Julie.

Proscrits.

Domestiques, musiciens.

La scène est tantôt à Vérone, tantôt à Milan, et sur les frontières de Mantoue.

ACTE PREMIER

SCÈNE I

VALENTIN, PROTÉO.

VALENTIN.—Cesse de vouloir me persuader, mon cher Protéo; le jeune homme qui demeure toujours dans sa patrie n'a jamais qu'un esprit borné. Si l'amour n'enchaînait pas tes jeunes années aux doux regards d'une amante digne de tes hommages, je t'engagerais à m'accompagner pour voir les merveilles du monde, plutôt que de t'engourdir ici dans une stupide indolence, et d'user ta jeunesse dans une inertie incapable de donner des formes; mais puisque tu aimes, aime toujours, et tâche d'être aussi heureux dans tes amours, que je voudrais l'être moi-même lorsque je commencerai d'aimer.

PROTÉO.—Veux-tu donc me quitter? Adieu, mon cher Valentin! Pense à ton Protéo, si par hasard tu vois dans tes voyages quelque objet remarquable et rare, désire de m'avoir avec toi pour partager ton bonheur, lorsqu'il t'arrivera quelque bonne fortune; et dans tes dangers, si jamais le danger t'environne, recommande tes malheurs à mes saintes prières, car je veux être ton intercesseur, Valentin.