QUICKLY.--Véritablement, monsieur, tout est dans les mains d'en-haut: mais pourtant, monsieur Fenton, je jurerais sur l'Évangile qu'elle vous aime. Votre Seigneurie n'a-t-elle pas une petite verrue au-dessus de l'oeil?
FENTON.--Oui, vraiment, j'en ai une; mais que s'ensuit-il?
QUICKLY.--Ah! c'est un bon conte, monsieur Fenton... Anne est une si drôle de fille!--Mais, je le proteste, la plus honnête fille qui jamais ait mangé pain. Nous avons jasé hier une heure entière sur cette verrue.--Je ne rirai jamais que dans la société de cette jeune fille. Mais, à vous dire vrai, elle est trop portée à la mélancolie, à la rêverie; rien que pour vous au moins, suffit, poursuivez.
FENTON.--Fort bien.--Je la verrai aujourd'hui. Tiens, voilà de l'argent pour toi. Parle pour moi; et si tu la vois avant moi, fais-lui mes compliments.
QUICKLY.--Si je le ferai? Oui, par ma foi, nous lui parlerons; et au premier moment où nous reprendrons notre confidence, j'en dirai davantage à Votre Seigneurie sur la verrue, et aussi sur les autres amoureux.
FENTON.--Bon, adieu; je suis pressé en ce moment.
QUICKLY.--Ma révérence à Votre Seigneurie. (Fenton sort.) C'est sans mentir, un honnête gentilhomme; mais Anne ne l'aime point. Je sais les sentiments d'Anne mieux que personne.--Allons, rentrons.--Qu'est-ce que j'ai oublié?
(Elle sort.)
FIN DU PREMIER ACTE.