MACDUFF.—Tant d'idées agréables et tant d'idées fâcheuses à la fois ne sont pas aisées à concilier.

(Entre un médecin.)

MALCOLM, à Macduff.—Nous en reparlerons.—Je vous prie, le roi va-t-il paraître?

LE MÉDECIN,—Oui, seigneur; il y a là une foule de malheureux qui attendent de lui leur guérison. Leur maladie triomphe des plus puissants moyens de l'art; mais dès qu'il les touche, telle est la vertu sainte dont le ciel a doué sa main, qu'ils guérissent à l'instant.

MALCOLM.—Je vous remercie, docteur.

(Le médecin sort.)

MACDUFF.—Quelle est la maladie dont il veut parler?

MALCOLM.—On l'appelle le mal du roi[39]: c'est une oeuvre miraculeuse de ce bon prince, et dont j'ai été moi-même souvent témoin depuis mon séjour dans cette cour. Comment il se fait exaucer du ciel, lui seul le sait; mais le fait est qu'il guérit des gens affligés d'un mal cruel, tout bouffis et couverts d'ulcères, pitoyables à voir, et désespoir de la médecine, en leur suspendant au cou une médaille d'or qu'il accompagne de saintes prières; et l'on dit qu'il transmettra aux rois ses successeurs ce bienfaisant pouvoir de guérir. Outre cette vertu singulière, il a encore reçu du ciel le don de prophétie; et les nombreuses bénédictions qui planent sur son trône annoncent assez qu'il est rempli de la grâce de Dieu.

(Entre Rosse.)

MACDUFF.—Voyez: qui vient à nous?