LE BOUFFON.—Que toutes les maisons des faubourgs de Vienne seront jetées bas.
MADAME OVERDONE.—Et que deviendront celles de la cité?
LE BOUFFON.—Elles resteront pour graine: elles seraient tombées aussi, si un sage bourgeois n'avait plaidé en leur faveur.
MADAME OVERDONE.—Mais toutes nos maisons de refuge dans les faubourgs seront-elles abattues?
LE BOUFFON.—Jusqu'aux fondements, madame.
MADAME OVERDONE.—Voilà vraiment un changement dans l'État! Que deviendrai-je?
LE BOUFFON.—Allons, ne craignez rien; les bons procureurs ne manquent pas de clients. Quoique vous changiez de place, vous n'avez pas besoin pour cela de changer d'état; je serai toujours votre valet. Allons, du courage; on prendra pitié de vous; vous qui avez presque usé et perdu vos yeux au service, on vous prendra en considération.
MADAME OVERDONE.—Qu'avons-nous à faire ici? Thomas, retirons-nous.
LE BOUFFON.—Voici le seigneur Claudio conduit en prison par le prévôt, et voici madame Juliette.
(Ils sortent.)