ISABELLE, FRANCESCA, ensuite LUCIO.
ISABELLE.—Et sont-ce là tous vos priviléges à vous autres religieuses?
FRANCESCA.—Ne sont-ils pas assez étendus?
ISABELLE.—Oui, sans contredit, et ce que j'en dis n'est pas que j'en désire davantage: au contraire, je souhaiterais qu'une règle plus étroite assujettît la communauté des soeurs de Sainte-Claire.
LUCIO, au dehors.—Holà, quelqu'un! la paix soit en ces lieux!
ISABELLE.—Qui est-ce qui appelle?
FRANCESCA.—C'est la voix d'un homme. Chère Isabelle, tournez la clef, et sachez ce qu'il veut; vous le pouvez, et moi non; vous n'avez pas encore prononcé vos voeux; lorsque vous l'aurez fait, il ne vous sera plus permis de parler à un homme qu'en présence de la supérieure; alors, si vous lui parlez, vous ne devez pas lui montrer votre visage; ou si vous montrez votre visage, vous ne pouvez pas parler.—On appelle encore; je vous prie, répondez-lui.
(Francesca sort.)
ISABELLE.—Paix et félicité! Qui est-ce qui appelle?
LUCIO.—Salut, vierge, si vous l'êtes, comme ces joues l'annoncent assez. Pouvez-vous me rendre le service de me faire parler à Isabelle, novice dans ce monastère, et l'aimable soeur de son malheureux frère Claudio?