Tenez, voici une de mes dames, une jeune fille, qui, tombant dans les feux de sa jeunesse, a brûlé sa réputation: elle est enceinte, et le père de son enfant est condamné à mort; un jeune homme plus propre à commettre un second délit semblable qu'à mourir pour le premier.
LE DUC.—Quand doit-il mourir?
LE PRÉVÔT.—A ce que je crois, demain. (A Juliette.) J'ai pourvu à vos besoins: attendez un moment, et l'on vous conduira.
LE DUC, à Juliette.—Vous repentez-vous, belle enfant, du péché que vous portez?
JULIETTE.—Oui, et j'en porte la honte avec patience.
LE DUC.—Je vous enseignerai les moyens d'examiner votre conscience, et d'éprouver si votre pénitence est solide, ou si elle n'est que superficielle.
JULIETTE.—Je l'apprendrai bien, volontiers.
LE DUC.—Aimez-vous l'homme qui vous a fait ce tort?
JULIETTE.—Oui, autant que j'aime la femme qui lui a fait tort.
LE DUC.—Ainsi, il paraît que c'est d'un consentement mutuel que votre crime a été commis?