JULIETTE.—Oui, d'un consentement mutuel.

LE DUC.—Votre péché a donc été plus grand que le sien?

JULIETTE.—Je le confesse, et je m'en repens, mon père.

LE DUC.—Cela est bien juste, ma fille; mais prenez garde que vous ne vous repentiez que parce que le péché vous a causé cette honte: cette douleur n'est jamais que pour nous-mêmes, et non pour le ciel; elle montre que si nous n'offensons pas le ciel, ce n'est point par amour, mais uniquement par crainte.

JULIETTE.—Je me repens de ma faute, parce que c'est un péché, et j'en accepte la honte avec joie.

LE DUC.—Persévérez là-dedans. Votre complice, à ce que j'entends dire, doit mourir demain; je vais le visiter et lui donner mes conseils. Que la grâce du ciel vous accompagne!—Benedicite.

(Il sort en priant.)

JULIETTE.—Il doit mourir demain! ô injuste loi, qui me laisse une vie dont toute la consolation est d'éprouver à chaque instant toutes les horreurs de la mort!

LE PRÉVÔT.—C'est bien dommage qu'il en soit là!

(Ils sortent.)