ESCALUS.—Je vais visiter le prisonnier. Adieu.

LE DUC.—La paix soit avec vous! (Escalus sort avec le prévôt de la prison.) Celui qui veut tenir le glaive du ciel, doit être aussi saint que sévère; se sentir lui-même un modèle; posséder la force de résister et la vertu d'avancer, ne punissant plus ou moins les autres que d'après le poids de ses propres fautes. Honte à celui dont le glaive cruel tue pour des fautes où l'entraîne son propre penchant! Six fois honte à Angelo qui veut déraciner mes vices et laisser croître les siens! O quelles noirceurs l'homme peut cacher en lui-même, quoiqu'il paraisse un ange à l'extérieur! Comme l'hypocrite vivant dans le crime, abusant tout le monde, attire à lui, avec de fragiles fils d'araignée, des choses substantielles et de poids! Il faut que j'oppose la ruse au vice. Ce soir, Angelo recevra dans son lit son ancienne fiancée qu'il méprise; c'est ainsi qu'un trompeur sera pris par son propre déguisement, ne recevra que tromperies pour prix des siennes, et sera forcé de remplir un ancien contrat[27].

Note 27: [(retour) ]

Cette tirade est en vers rimés.

FIN DU TROISIÈME ACTE.

ACTE QUATRIÈME

SCÈNE I

Appartement dans la ferme où habite Marianne.

MARIANNE assise, UN JEUNE GARÇON chantant.

CHANSON.

Écarte, oh! écarte ces lèvres