Ces lèvres si douces et si parjures;
Et ces yeux brillants comme le point du jour,
Flambeaux qui égarent l'aurore.
Mais rends-moi mes baisers,
Rends-les-moi
Ces sceaux d'amour, scellés en vain,
Scellés en vain.
MARIANNE.—Interromps tes chants, et hâte-toi de te retirer. Voici venir un homme de consolation dont les avis ont souvent calmé les murmures de ma douleur. (L'enfant sort; le duc entre.) Je vous demande pardon, monsieur, et je voudrais bien que vous ne m'eussiez pas trouvée si en train de musique. Excusez-moi, et croyez-m'en, ces chants adoucissaient mes chagrins; mais ils sont loin de m'inspirer de la joie.
LE DUC.—C'est bien, quoique la musique ait souvent la puissance de faire du mal un bien, et d'exciter le bien au mal.—Je vous prie, dites-moi: quelqu'un est-il venu me demander aujourd'hui? A peu près à cette heure-ci, j'ai promis de me trouver ici.
MARIANNE.—Personne n'est venu vous demander; je suis restée ici tout le jour.