LE ROI.--Non, sur mon honneur.
LA PRINCESSE.--Allons, allons, modérez-vous: après un premier serment violé, vous ne vous faites aucun scrupule de vous parjurer encore.
LE ROI.--Méprisez-moi si jamais je viole ce serment que j'ai fait.
LA PRINCESSE.--Je vous mépriserai donc; et un peu de modération.--Rosaline, que vous a murmuré ce Russe tout bas dans l'oreille?
ROSALINE.--Madame, il a juré que je lui étais chère et précieuse comme la prunelle de l'oeil, et il m'a élevée au-dessus du prix de cet univers, ajoutant, de plus, qu'il m'épouserait, ou qu'il mourrait mon amant.
LA PRINCESSE.--Dieu te donne joie de lui! Le noble prince tient bien honorablement sa promesse!
LE ROI.--Que voulez-vous dire, madame? Sur ma vie, sur ma foi, je n'ai jamais fait pareil serment à cette dame.
ROSALINE.--Par le ciel, vous l'avez fait; et, pour le confirmer, vous m'avez fait ce présent; mais reprenez-le, monsieur, le voilà.
LE ROI.--Ce présent, c'est à la princesse que je l'ai donné avec ma foi. Je l'ai bien distinguée à ce joyau qu'elle portait sur sa manche.
LA PRINCESSE.--Pardonnez-moi, seigneur; c'était elle qui portait ce joyau; quant à moi, c'est le seigneur Biron, je lui en rends grâces, qui est mon amant.--Eh bien! Biron, voulez-vous de moi, ou voulez-vous que je vous rende votre perle?