LA PRINCESSE.--Cet homme sert-il Dieu?
BIRON.--Pourquoi me faites-vous cette question, madame?
LA PRINCESSE.--C'est qu'il ne parle pas comme les hommes que Dieu a créés.
ARMADO, haut.--Cela est égal, mon beau, mon gracieux, mon doux monarque; car je proteste que le maître d'école est excessivement original, trop, trop vain; trop, trop vain; mais nous risquerons la chose, comme on dit: alla fortuna della guerra. Je vous souhaite la paix de l'âme, mon royal couple.
(Il sort.)
LE ROI.--Il y a à parier que nous aurons une belle représentation de héros. Lui, il représente Hector de Troie; le paysan, Pompée le Grand; le curé de la paroisse, Alexandre; le page d'Armado, Hercule; le pédant, Judas Machabée; et si ces quatre héros réussissent d'abord dans leur premier rôle, les quatre changeront de costume et représenteront les cinq autres.
BIRON.--Il y en a cinq dans la première pièce.
LE ROI.--Non, vous vous trompez.
BIRON.--Le pédant, le fanfaron, le prêtre de campagne, le fou et le page... Une vraie partie de neuf[77], et le monde entier n'en fournirait pas cinq pareils, à les prendre chacun dans leur caractère.