COSTARD.--Nous donnerons à cela une jolie tournure, monsieur; nous y donnerons quelque attention.
LE ROI.--Biron, ils nous feront affront; qu'ils n'approchent pas.
(Costard sort.)
BIRON.--Nous sommes à l'épreuve de la honte, mon prince; et il y a une certaine politique à avoir un spectacle plus mauvais que celui qu'ont donné le roi et ses courtisans.
LE ROI.--Qu'ils s'abstiennent de venir.
LA PRINCESSE.--Allons, mon noble prince, laissez-vous gouverner par moi à présent. Souvent le spectacle plaît d'autant plus que les acteurs savent moins les moyens de plaire. Lorsque le zèle s'évertue pour contenter les spectateurs, et que la pièce expire au milieu des efforts de ceux qui la représentent, alors la ridicule confusion des caractères donne plus de gaieté, c'est ainsi qu'on voit de grands projets, conduits avec beaucoup de peine, avorter dès leur naissance.
BIRON.--Une juste description de notre mascarade, seigneur!
(Entre Armado.)
ARMADO.--Oint du Seigneur, j'implore de votre auguste souffle autant de temps qu'il m'en faut pour proférer une couple de mots.
(Il converse en particulier avec le roi et lui remet un papier.)