LA PRINCESSE.--Eh bien! sa volonté le violera; sa volonté seule, et nulle autre force.

LE ROI.--Vous ignorez, princesse, quel en est l'objet.

LA PRINCESSE.--Vous seriez plus sage de l'ignorer comme moi, mon prince, au lieu qu'aujourd'hui toute votre science n'est qu'ignorance. J'apprends que Votre Altesse a juré de se retirer dans son palais. C'est un crime de garder ce serment, mon prince, et c'en est un aussi de le violer. Mais daignez me pardonner. Je débute par trop de hardiesse: il me sied mal de vouloir donner des leçons à mon maître. Faites-moi la grâce de lire l'objet de mon ambassade, et de donner sur-le-champ une réponse décisive à ma demande.

LE ROI.--Madame!... (Elle lui remet un papier.)--Sur-le-champ, s'il m'est possible de le faire sur-le-champ.

LA PRINCESSE.--Vous le voudrez d'autant plus que je pourrai m'éloigner plus tôt; car si vous prolongez mon séjour ici, vous deviendrez parjure.

(Le roi lit les dépêches remises par la princesse; pendant cette lecture, Biron lie conversation avec Rosaline.)

BIRON, à Rosaline.--N'ai-je pas dansé un jour avec vous dans le Brabant?

ROSALINE.--N'ai-je pas dansé un jour avec vous dans le Brabant?

BIRON.--Je le sais très-bien.

ROSALINE.--Vous voyez donc combien il était inutile de me faire cette question?