MARIE.--Allons, allons, vos propos sont trop grossiers. Vos lèvres se salissent.
COSTARD, à Boyet.--Elle est trop forte pour vous à la pointe, monsieur. Défiez-la aux boules.
BOYET.--Je crains de trouver trop d'inégalités dans le terrain: bonne nuit, ma chère chouette.
(Boyet et Marie sortent.)
COSTARD, seul.--Par mon âme, un simple berger, un pauvre paysan! ô seigneur, seigneur! Comme les dames et moi nous l'avons battu! Oh! sur ma vie, excellentes plaisanteries! Un esprit sale et vulgaire quand il coule si uniment, si obscènement, comme qui dirait, si à propos. Armado d'un côté. Oh! c'est un élégant des plus raffinés! Il faut le voir marcher devant une dame et porter son éventail! Il faut le voir envoyer des baisers; et avec quelle grâce il lui fait des serments! et son page de l'autre côté: cette poignée d'esprit! Ah! ciel! c'est la lente la plus pathétique! «Sol, la, sol, la.»
(On entend des cris à l'intérieur.--Costard sort en courant.)
SCÈNE II
DULL, HOLOFERNE et NATHANIEL.
NATHANIEL.--En vérité, une fort honorable chasse! et exécutée d'après le témoignage d'une bonne conscience!
HOLOFERNE.--La bête était, comme vous le savez, in sanguis, en sang: mûre comme une «pomme d'eau[42]»; qui pend comme un joyau à l'oreille du coelum, c'est-à-dire le ciel, le firmament, l'empyrée; et tout à coup tombe comme un fruit sauvage sur la face de la terra, le sol, le continent, la terre.