BIRON, à part.--Je pourrais, moi, servir à te consoler; sans compter les deux parjures que je connais, tu complètes le triumvirat: tu es la corne du chapeau de la société, la figure de la potence d'amour à laquelle est pendue l'innocence.
LONGUEVILLE.--Je crains bien que ces vers impuissants ne manquent de force pour t'émouvoir, ô aimable Marie, souveraine de mes tendres voeux! Je veux déchirer ces rimes et lui écrire en prose.
BIRON, à part.--Oh! les rimes sont les sentinelles qui gardent le haut-de-chausses du folâtre Cupidon; ne défigure pas son costume[51].
Note 51: Allusion au costume habituel de Cupidon sur le théâtre.
LONGUEVILLE.--Allons, ces vers peuvent passer.
(Il lit un sonnet.)
N'est-ce pas la céleste éloquence de tes yeux,
Contre laquelle l'univers n'a point de réplique,
Qui a conduit mon coeur à ce parjure?
Un voeu, rompu pour toi, ne mérite pas d'être puni.