PREMIER PÊCHEUR.--Mourir, dis-tu? que les dieux t'en préservent. J'ai un manteau ici, viens t'en revêtir; réchauffe-toi: approche. Tu es un beau garçon; viens avec nous, tu auras de la viande les dimanches, du poisson les jours de jeûne, sans compter les poudings et des gâteaux de pomme, et tu seras le bienvenu.
PÉRICLÈS.--Je vous remercie.
SECOND PÊCHEUR.--Écoute, l'ami, tu disais que tu ne pouvais mendier?
PÉRICLÈS.--Je n'ai fait que supplier.
SECOND PÊCHEUR.--Je me ferai suppliant aussi, et j'esquiverai le fouet.
PÉRICLÈS.--Quoi! tous les mendiants sont-ils fouettés?
SECOND PÊCHEUR.--Non pas tous, l'ami; car si tous les mendiants étaient fouettés, je ne voudrais pas de meilleure place que celle de bedeau; mais notre maître, je vais tirer le filet.
(Les deux pêcheurs sortent.)
PÉRICLÈS.--Comme cette honnête gaieté convient à leurs travaux!
PREMIER PÊCHEUR.--Holà, monsieur, savez-vous où vous êtes?