BOULT.--Monsieur.
LE MAITRE.--Cherche avec soin dans le marché; Mitylène est plein de galants: nous avons perdu trop d'argent, l'autre foire, pour avoir manqué de filles.
LA FEMME.--Nous n'avons jamais été aussi mal montés: nous n'avons que trois pauvres diablesses, elles ne peuvent que ce qu'elles peuvent; et, à force de servir, elles tombent en pourriture, ou peu s'en faut.
LE MAITRE.--Il nous en faut donc de fraîches, coûte que coûte. Il faut avoir de la conscience dans tous les états, sans quoi on ne prospère pas.
LA FEMME.--Tu dis vrai: il ne suffit pas d'élever de pauvres bâtardes; et j'en ai élevé, je crois, jusqu'à onze....
BOULT.--Oui, jusqu'à onze ans, et pour les abaisser après; mais j'irai chercher au marché.
LA FEMME.--Sans doute, mon garçon; la cochonnerie que nous avons tombera en pièces au premier coup de vent; elles sont trop cuites que cela fait pitié.
LE MAITRE.--Tu dis vrai; en conscience elles sont trop malsaines. Le pauvre Transylvanien est mort pour avoir couché avec la petite drôlesse.
BOULT.--Comme elle l'a vite expédié; elle en a fait du rôti pour les vers!--Mais je vais au marché.
(Boult sort.)