CAPULET.—Non, pas du tout. Bon, j'ai bien veillé d'autres nuits pour moins que cela, et je n'en ai jamais été incommodé.

LA SIGNORA CAPULET.—Oui, vous avez été, de votre temps, un coureur d'aventures[62]; mais je veillerai à ce que vous ne fassiez plus de ces sortes de veillées.

Note 62: [(retour) ]

A mouse hunt (un chasseur de souris).

CAPULET.—Jalouse! jalouse! (Entrent des domestiques avec des broches, du bois, des corbeilles.) Qu'est-ce que c'est que tout cela, mon ami?

PREMIER DOMESTIQUE.—Ce sont des affaires pour le cuisinier, seigneur, mais je ne sais pas ce que c'est.

CAPULET.—Dépêche-toi, dépêche-toi. (Le domestique sort.) Toi, apporte des fagots plus secs; appelle Pierre, et il te dira où ils sont.

LE DOMESTIQUE.—Ah! j'ai dans ma tête, seigneur, des fagots tout trouvés, sans déranger Pierre pour cela.

(Il sort.)

CAPULET.—Par la messe, c'est bien dit; tu es un joyeux compère[63]! Ah! je te fagoterai.—Par ma foi! voilà le jour. Le comte ne tardera pas à venir ici avec la musique; il me l'a dit. (On entend des instruments.) Mais je l'entends qui s'approche.—Nourrice! ma femme! allons. Eh bien, nourrice! Allons, dis-je. (Entre la nourrice.) Allez éveiller Juliette; allez, habillez-la: je vais, moi, causer avec Pâris.... Allons, dépêchez-vous, dépêchez-vous; voilà le marié déjà arrivé: dépêchez-vous, vous-dis-je.

(Ils sortent.)