MERCUTIO.—Adieu, vieille madame; adieu, madame, madame, madame[47].
Note 47: [(retour) ]
Ladies, ladies, ladies, refrain d'une vieille chanson.
(Mercutio et Benvolio sortent.)
LA NOURRICE.—Adieu, de tout mon coeur.—Qu'est-ce donc, s'il vous plaît, seigneur, que ce marchand d'insolences qui était si plein de ses sottises?
ROMÉO.—C'est un homme, nourrice, qui aime à s'entendre parler, et qui en dit plus en une minute qu'il n'en fait en un mois.
LA NOURRICE.—S'il s'avise de rien dire contre moi, je le ferai bien taire, voyez-vous, fût-il plus fort qu'il ne l'est, lui et vingt gamins de son espèce; et, si je ne pouvais pas, je trouverais bien qui m'aiderait. Vilain polisson! Je ne suis pas de ses coureuses, moi, je ne suis pas de ses camarades de couteau.—Et toi aussi, il faut que tu te tiennes là et que tu laisses le premier polisson user de moi à son plaisir!
PIERRE.—Je n'ai vu personne user de vous à son plaisir; si je l'avais vu, mon épée aurait été bientôt dehors, je vous en réponds; je dégaine aussi vite qu'un autre quand je vois l'occasion d'une bonne querelle et que j'ai la loi de mon côté.
LA NOURRICE.—En vérité, je le dis devant Dieu, je suis si en colère que je tremble de tous mes membres. Vilain polisson!—Seigneur, un mot, je vous prie. Comme je vous l'ai dit, ma jeune maîtresse m'a envoyée vous chercher: ce qu'elle m'a chargée de vous dire je le garderai pour moi. Mais laissez-moi vous dire d'abord que si vous aviez l'intention de la mener dans le paradis des fous, comme on dit, ce serait un bien vilain procédé, comme on dit; car la demoiselle est jeune, et par conséquent si vous étiez double avec elle, ce serait une chose qui n'est pas à faire vis-à-vis d'une jeune demoiselle, et une conduite fort méprisable.
ROMÉO.—Nourrice, recommande-moi à ta dame et maîtresse. Je te proteste...
LA NOURRICE.—Bon coeur! oui, ma foi, je lui dirai tout cela. Seigneur, seigneur! qu'elle va être une femme contente!