APÉMANTUS.—Et toi, n'es-tu pas un poëte?

LE POÈTE.—Oui.

APÉMANTUS.—En ce cas, tu mens. Regarde dans ton dernier ouvrage où tu as représenté Timon comme un digne personnage.

LE POÈTE.—Ce n'est point une fiction, c'est la vérité.

APÉMANTUS.—Oui, il est digne de toi, et digne de payer ton travail. Qui aime la flatterie est digne du flatteur. Dieux, que ne suis-je un grand seigneur!

TIMON.—Que ferais-tu donc, Apémantus?

APÉMANTUS.—Ce que fait maintenant Apémantus, je haïrais un grand seigneur de tout mon coeur.

TIMON.—Quoi! tu te haïrais toi-même?

APÉMANTUS.—Oui.

TIMON.—Pourquoi?