TIMON.—Je suis à vous de tout mon coeur, dignes seigneurs. Comment vous portez-vous?
PREMIER SEIGNEUR.—Le mieux du monde, puisque votre Seigneurie va bien.
SECOND SEIGNEUR.—L'hirondelle ne suit pas l'été avec plus de plaisir, que nous votre Seigneurie.
TIMON, à part.—Et ne fuit pas plus promptement l'hiver; les hommes ressemblent à ces oiseaux de passage.—Seigneurs, notre dîner ne vous dédommagera pas de cette longue attente. Égayez-vous un peu à entendre cette musique, si vous pouvez supporter une musique aussi peu harmonieuse que le son de la trompette; nous allons nous mettre à table.
PREMIER SEIGNEUR.—J'espère que votre Seigneurie ne conserve aucun ressentiment de ce que j'ai renvoyé votre messager les mains vides.
TIMON.—Ah! seigneur, que cela ne vous inquiète pas.
SECOND SEIGNEUR.—Noble seigneur....
TIMON.—Ah! mon digne ami, comment vous va?
(On apporte le banquet.)
SECOND SEIGNEUR.—Honorable seigneur, je suis malade de honte de m'être malheureusement trouvé si pauvre, lorsque votre Seigneurie envoya l'autre jour chez moi.