SECOND SEIGNEUR.—Ce qui le prouve assez, c'est le nouveau festin qu'il donne encore.

PREMIER SEIGNEUR.—Je le croirais. Il m'a envoyé une invitation très-pressante; beaucoup d'affaires urgentes m'engageaient à refuser; mais il a tant prié, qu'il a fallu me rendre.

SECOND SEIGNEUR.—Je me devais aussi moi-même à des affaires indispensables, mais il n'a pas voulu recevoir mes excuses. Je suis fâché de m'être trouvé dénué de fonds lorsqu'il envoya m'emprunter de l'argent.

PREMIER SEIGNEUR.—Je suis atteint du même regret, maintenant que je vois le cours que prennent les choses.

SECOND SEIGNEUR.—Chacun ici en dit autant.—Combien voulait-il emprunter de vous?

PREMIER SEIGNEUR.—Mille pièces d'or.

SECOND SEIGNEUR.—Mille pièces!

PREMIER SEIGNEUR.—Et vous?

TROISIÈME SEIGNEUR.—Il m'avait envoyé demander...—Le voilà qui vient.

(Entre Timon avec suite.)